Échevin et député alors qu’il ne se destinait pas à la politique
Portrait Rencontre avec le Neupréen Mathieu Bihet, devenu député fédéral. Mathieu Bihet ne pourra sans doute jamais oublier le contexte dans lequel il a été amené à prêter serment comme député fédéral… En pleine crise du coronavirus, alors qu’un gouvernement fédéral peinait toujours à se mettre en place, le gouvernement Wilmès fut établi pour 6 mois afin de faire face à l’urgence… Si bien que sa prestation de serment, en tant que suppléant de Daniel Bacquelaine, est presque passée inaperçue…
Le voici donc député fédéral en plus d’être Premier échevin MR à Neupré en charge, notamment, de l’urbanisme, des affaires économiques et de l’environnement. Plutôt pas mal à seulement 28 ans ! Pourtant, rien ne le prédestinait à se lancer en politique, ni la sphère familiale ni ses propres intérêts…
Mathieu Bihet a grandi à Neupré, où il s’est installé, plus précisément à Rotheux-Rimière, dès qu’il a commencé à travailler, une fois ses études à l’université terminées.
« Au départ, je voulais être journaliste, confie-t-il en riant. En rhéto, vu que je suivais une orientation économique, j’ai eu l’occasion d’assister à un cours à HEC mais cela ne m’a pas plu du tout. J’ai ensuite suivi une journée de cours en droit avec Christian Behrendt et j’ai été ébloui. J’ai donc opté pour le droit public, administratif et constitutionnel. J’ai suivi tous les enseignements de Christian Behrendt à l’université et j’ai même réalisé mon mémoire avec lui. Alors que c’est une personne qui a tendance à impressionner, moi, il m’épatait.«
Dans le cadre de son master, il a réalisé un stage chez LMK Conseil, cabinet d’avocats liégeois fondé par le bâtonnier Eric Lemmens. « Il m’a proposé de m’engager à l’issue de mon stage. Ayant travaillé sur des dossiers qui m’ont plu, je n’ai pas hésité. J’ai ainsi eu la chance de travailler pour une sommité du droit public, avec laquelle j’ai gardé des contacts« , raconte le Neupréen.
Une simple rencontre
Un an plus tard, il quittait le cabinet d’avocats pour intégrer le MR en tant que juriste, fonction qu’il occupait il y a encore quelques jours avant de démissionner en raison de l’incompatibilité avec ce nouveau mandat de député fédéral… Mais qu’est-ce qui a bien pu le mener au MR ? Simplement une rencontre, il y a une dizaine d’années, avec un membre de la section MR de Neupré. « À l’époque, j’étais fan de Sarkozy. Je précise bien celui élu en 2007 et non celui de 2012. Je fais bien la différence entre les deux, souligne Mathieu Bihet. Nous avons discuté et il m’a proposé d’assister à une réunion et j’ai continué d’y aller. J’y ai rejoint une équipe composée de Virginie Defrang-Firket, Charles-André Verschueren, Sandra Caprasse, qui étaient conseillers dans l’opposition. Sur 10 ans, nous sommes restés amis et nous sommes tous montés dans le collège communal. »
En 2011, Mathieu Bihet fait son entrée au conseil de l’action sociale (CPAS) à la suite d’une démission. En 2012, il se présente alors pour la première fois aux élections communales à Neupré. Il occupe la 5e place sur la liste MR. À l’époque, il n’a que 21 ans.
« J’ai réalisé le 4e score de la liste et le 10e toutes listes confondues« , se souvient-il. Pour une première élection, il s’en sortait plutôt bien… Son dynamisme et sa bonne humeur n’y sont sans doute pas étrangers… Il devient alors conseiller communal puis devient échevin en 2017, alors âgé de 25 ans, au renversement de la majorité PS/CDH.
Là, il est amené à gérer le fameux dossier d’urbanisation ayant mené à la cassure entre le PS et le CDH… Dossier qu’il expédie aux oubliettes ! La population est ravie et lui tout autant lorsque, aux élections communales de 2018, il obtient le 2e meilleur résultat après la bourgmestre Virginie Defrang-Firket… Un vent frais sur Neupré qui fait du bien, semble-t-il !
Jessica Defgnée