“Nous avons posé les bases d’un nouveau modèle”
Dans une interview donnée cette semaine au média français Connaissance des Énergies, je reviens sur les grands défis de notre politique énergétique. La hausse des prix lié au conflit au Moyen-Orient, les mesures prises pour en limiter les effets, l’avenir du nucléaire, le développement des énergies renouvelables et la compétitivité de nos industries, beaucoup de sujets qui rythment mon quotidien.
L’objectif ici est double. À court terme, il faut protéger nos citoyens et notre économie contre le choc des prix et sécuriser les approvisionnements. À plus long terme, il faut réduire nos dépendances énergétiques. La meilleure protection contre les prochaines crises est donc de produire davantage d’énergie en Europe et de diversifier notre mix.
Protéger les consommateurs
Le conflit au Moyen-Orient rappelle à quel point notre approvisionnement énergétique reste vulnérable, compte tenu des évolutions à l’échelle internationale. La conséquence majeure pour les ménages et les entreprises est la hausse des prix.
Afin d’atténuer ces effets, nous utilisons un système singulier de prix maximum pour limiter la hausse sur les produits pétroliers. Celui-ci régit la manière dont les prix internationaux fluctuants se répercutent sur les prix du carburant et du mazout de chauffage domestique.
Par ailleurs, le gouvernement fédéral a prévu une enveloppe de 80 millions d’euros de mesures ciblées pour amortir les conséquences de la crise pour ceux qui travaillent, notamment pour les déplacements domicile-travail ainsi que pour les ménages les plus vulnérables se chauffant aux combustibles fossiles.
Une énergie plus abordable pour les ménages et les entreprises
La compétitivité énergétique est une autre priorité. La disponibilité d’une énergie à un prix compétitif est donc une condition essentielle pour permettre à notre industrie de continuer à produire, à investir et à maintenir l’emploi en Belgique.
C’est dans ce contexte que la norme énergétique devrait être élaborée, afin de remédier au désavantage énergétique de nombreuses entreprises parmi nos plus grandes consommatrices d’électricité, et de soutenir celles qui utilisent d’importantes quantités d’électricité et qui investissent pour décarboner leurs productions.
Une réforme attendue de longue date, que je porte avec vigueur depuis le premier jour de mon mandat, et qui entrera pleinement en vigueur dès le 1er novembre 2026.
Préparer un mix énergétique diversifié
Nous ne pouvons pas opposer des sources d’énergie les unes aux autres pour garantir la sécurité d’approvisionnement. Au contraire, nous aurons besoin d’un mix complémentaire, combinant nucléaire, énergies renouvelables, réseaux, stockage et capacités de flexibilité.
Ainsi, l’énergie nucléaire se retrouve à nouveau au premier plan de la politique énergétique que je mène. Prolonger Doel 4 et Tihange 3 constitue une étape décisive, les négociations se poursuivant au sujet du projet Aurora avec ENGIE.
L’objectif est de permettre à l’État belge de reprendre la maîtrise des activités nucléaires du pays et de disposer d’une capacité d’action à long terme.
En parallèle, nous continuons de développer le potentiel de la mer du Nord grâce à notre énergie éolienne offshore. Mais l’ambition doit être tempérée par la nécessité de maîtriser les coûts. Nous devons produire davantage d’énergie à faible teneur en carbone, à condition d’en intégrer le coût dans les ménages et dans notre économie.
Des objectifs à long terme
Les défis énergétiques sont nombreux et nécessitent une vision sur le long terme. Il est important de poursuivre les réformes engagées tout en anticipant les besoins de demain. La Belgique doit renforcer son indépendance énergétique, tout en protégeant la compétitivité de ses entreprises et le pouvoir d’achat des consommateurs.
C’est en préparant aujourd’hui les bases d’un nouveau modèle que nous pourrons garantir demain une énergie fiable, décarbonée et abordable.


Répondre
Se joindre à la discussion ?Vous êtes libre de contribuer !